Agriculture: nouvelles règles pour phytos, élevage et assurance

Agroalimentaire Majeur Publié le 12/08/2025

En Bref

Les agriculteurs, les producteurs et conseillers en produits phytopharmaceutiques, ainsi que les assureurs et organismes de conseil du secteur agricole, doivent adapter leurs pratiques et opérations aux nouvelles règles sur les produits phytopharmaceutiques, l'élevage et l'assurance agricole.

Décryptage de la Réglementation

1.Produits phytosanitaires — Fin des surtranspositions & nouvelles règles de conseil

  • Clarification des incompatibilités : les entreprises de production (sauf biocontrôle, produits à faible risque ou bio) ne peuvent plus exercer d’activité de conseil sur les phytos, sauf pour l’enrobage de semences.

  • Conseil écrit et facturé séparément : toute recommandation phytosanitaire doit être formalisée par écrit, facturée à part et privilégier les méthodes alternatives.

  • Conseil stratégique obligatoire : diagnostic + plan pluriannuel, intégrant objectifs environnementaux et lutte intégrée.

  • Sanctions renforcées : amende maximale portée à 50 000 €.

  • Nouveau “conseil stratégique global” : inclut performance économique, environnementale et sociale, avec volet marché, coûts, énergie, eau, sols.

  • Engagement de l’État : en cas d’interdiction d’un produit approuvé par l’UE, accompagnement + indemnisation tant qu’aucune alternative fiable et abordable n’existe.

  • Comité des solutions : veille sur les usages sans méthodes de lutte disponibles et coordonne recherche/déploiement d’alternatives.

2.Élevage — Simplifications réglementaires

  • Procédures environnementales allégées :

Pour projets d’élevage bovins, porcins, volailles : réunion publique remplacée par permanence (réduction des délais/contraintes).

Possibilité d’intégrer certains élevages au régime d’enregistrement plutôt qu’autorisation lourde.

  • Révision des seuils ICPE : hausse possible pour élevages bovins, porcins, avicoles (décret à venir).

  • Assurance climatique :

Contrôle renforcé de la fiabilité des indices utilisés pour indemnisation sécheresse/préjudice sur prairies.

Plan pluriannuel pour améliorer couverture et rapidité des indemnisations.

Objectif de réseau pérenne de fermes de référence pour fiabiliser les données terrain.

3. Eau — Accès et stockage

  • Reconnaissance d’intérêt général majeur :

Ouvrages de stockage d’eau et prélèvements à but agricole dans zones en déficit hydrique présumés d’intérêt public, si démarche concertée, engagement sobriété en eau et accès équitable.

  • Études de gestion de l’eau : obligation d’analyser aussi les impacts socio-économiques (emploi, revenu, alimentation, attractivité rurale).

4. Contrôles et inspections agricoles

  • Coordination renforcée :

Les services de l’État doivent coordonner la programmation annuelle des contrôles.

Transmission hiérarchique obligatoire des rapports.

  • Plus de prévisibilité pour les professionnels : programmation connue, clarification du rôle de chaque autorité, et possibilité d’ajuster en fonction des retours de terrain.

Références et Informations Officielles

  • Référence du texte : LOI n° 2025-794 du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur (1)
  • Source officielle : Consulter sur Légifrance
  • Date de publication (source) : 12/08/2025
  • Dernière mise à jour (site) : 03/10/2025