Nouvelles procédures de contrôle et recouvrement des cotisations sociales
En Bref
Les donneurs d'ordre et maîtres d'ouvrage doivent examiner les notifications de redressement pour travail dissimulé dans leurs chaînes de sous-traitance et présenter leurs observations dans un délai de 30 à 60 jours. Les travailleurs indépendants doivent régulariser leurs déclarations dans les délais pour éviter des majorations.
Décryptage de la Réglementation
📌 Points Clés
- Nouvelle procédure contradictoire pour les redressements liés au travail dissimulé : le donneur d'ordre est informé et dispose de 30 à 60 jours pour présenter ses observations avant la mise en recouvrement.
- Clarification des règles de calcul des cotisations pour les salariés partis et les éléments de fin de contrat, alignées sur les pratiques de l'entreprise.
- Exonération de pénalités pour les travailleurs indépendants qui régularisent leur situation de leur propre initiative dans un délai de 30 jours.
🔍 Détails des principales modifications
1. Procédure contradictoire pour les redressements (Art. R. 133-8-2)
- Déclenchement : Lorsqu'un redressement pour travail dissimulé est notifié à un sous-traitant, le donneur d'ordre ou maître d'ouvrage est automatiquement informé par l'organisme de recouvrement.
- Contenu de la notification : Le document détaille les infractions, la période concernée, le montant réclamé et les bases légales de la solidarité financière.
- Droit de réponse : Le donneur d'ordre dispose d'un délai de 30 jours (prolongeable à 60 jours sur demande) pour présenter des observations écrites.
- Obligation de réponse : L'organisme de recouvrement doit répondre de manière motivée et circonstanciée à chaque observation.
- Issue : Après cette phase contradictoire, si aucun paiement n'intervient, la mise en recouvrement est engagée. 👉 Actionnable : En cas de notification d'un redressement chez un sous-traitant, réagir immédiatement pour préparer une réponse argumentée dans le délai imparti. Se faire assister par un conseil est explicitement prévu.
2. Calcul des cotisations pour salariés partis et fin de contrat (Art. R. 242-1)
- Pour le salarié ayant quitté l'entreprise, les cotisations sur les éléments de rémunération différés (ex: primes, commissions) sont calculées selon les mêmes règles que pour les salariés en poste.
- Pour les indemnités de fin de contrat (ex: indemnités de non-concurrence), les règles applicables sont celles en vigueur à la date de fin du contrat. 👉 Actionnable : S'assurer de la cohérence entre les règles de calcul appliquées aux salariés en poste et aux anciens salariés pour les éléments de rémunération différés.
3. Régularisation pour les travailleurs indépendants (Art. R. 613-10-1)
- Exonération sous conditions : Un travailleur indépendant peut être exonéré des majorations et pénalités s'il régularise sa situation de sa propre initiative dans les 30 jours suivant la prise de conscience de l'erreur ou de l'omission.
- Conditions strictes : Il doit soit tout régulariser et payer, soit souscrire un plan d'apurement, et ne pas avoir été redressé au cours des deux années précédentes. 👉 Actionnable : Sensibiliser les travailleurs indépendants de l'entreprise (freelances, consultants) à l'intérêt d'une autorégularisation proactive pour éviter pénalités et majorations.
4. Autres modifications notables
- Pénalité pour abus de droit : La pénalité spécifique (2e alinéa de l'art. L. 243-7-2) ne s'applique désormais qu'aux redressements fondés sur un constat d'abus de droit (Art. R. 243-60-1).
- Signature des lettres d'observations : La lettre notifiant un redressement peut désormais être signée par au moins un des contrôleurs (et non plus nécessairement par tous). Elle doit être contresignée par le directeur en cas de pénalité pour abus de droit.
- Déclaration préalable à l'embauche (DPAE) : L'envoi par lettre recommandée avec AR est confirmé comme valable, mais l'indisponibilité d'un moyen de transmission (ex: problème technique de la plateforme électronique) n'exonère pas de l'obligation d'utiliser l'autre moyen.
✅ En pratique : Checklist pour les dirigeants
- Vigilance sur la chaîne de sous-traitance : Mettre en place un suivi renforcé de la régularité sociale de vos sous-traitants. Une infraction chez eux peut désormais vous conduire à une notification directe et une procédure accélérée.
- Former les services achats/comptabilité : Ils doivent savoir identifier et réagir à la réception d'une lettre d'information d'un organisme de recouvrement concernant un sous-traitant. Le délai de réponse est court.
- Auditer les processus de paie : Vérifier l'alignement des règles de calcul des cotisations pour les salariés partis et les éléments de fin de contrat avec celles des salariés en activité.
- Communiquer en interne : Informer les managers et responsables du risque de solidarité financière et des nouvelles obligations procédurales.
- Anticiper les entrées en vigueur : Les dispositions sur la procédure contradictoire (Art. R. 133-8-2) s'appliquent aux procédures engagées à partir du 1er janvier 2026. Les règles pour les indépendants (Art. R. 613-10-1) entreront en vigueur au plus tard le 1er janvier 2027.
- Consulter un expert : Pour toute notification ou redressement complexe, saisir un conseil spécialisé sans attendre, la procédure étant désormais plus formalisée et exigeante en termes de réponse argumentée.
Références et Informations Officielles
- Référence du texte : Décret n° 2025-1338 du 26 décembre 2025 relatif au contrôle et au recouvrement des cotisations sociales
- Source officielle : Consulter sur Légifrance
- Date de publication (source) : 27/12/2025
- Dernière mise à jour (site) : 27/12/2025